« Vient l’agneau et le loup s’apaise » d’Emmie Jean
Mon regard s’est immédiatement porté sur ce titre inhabituel, étrange et poétique « Vient l’agneau et le loup s’apaise ».
Puis sur cette couverture, magnifique, mystérieuse, avec ce personnage qui nous tourne le dos, à l’apparence fragile et vulnérable. Devant lui se tient un loup, immense, puissant, dangereux.
La force de cette illustration tient dans son jeu de contrastes. L’agneau n’est finalement pas aussi innocent qu’il en a l’air. Une arme à la main, il n’a rien d’une victime passive et semble prêt à se défendre ou à attaquer. Le loup, pourtant synonyme de menace, ne montre aucune agressivité. On ne sait pas s’il accompagne l’humain, s’il le surveille ou s’il veille simplement sur lui.
Deux figures que tout oppose mais que l’image rapproche déjà.
Qui est la proie ? Qui est le prédateur ?
J’adore cette dualité entre la vulnérabilité apparente de l’homme et la puissance de l’Alpha.
La nuit, presque irréelle, est éclairée par une lune immense. Elle apporte quelque chose de romantique à cette scène très sombre. Elle éclaire juste assez pour révéler le décor rural, les granges, les clôtures et les silhouettes, sans jamais dissiper complètement les ombres. Faut-il fuir cet endroit ou, au contraire, s’y réfugier ?
Un titre attirant, une couverture qui raconte autant qu’elle questionne et une nouvelle auteure à découvrir… Comment résister ?
Je me suis lancée sans plus attendre dans ce roman d’Emmie Jean. Je ne l’ai pas regretté. Sa plume est totalement immersive. Une narration fluide, solide, axée sur les émotions avec une touche de sensualité parfaitement dosée, qui fait frémir le corps et le cœur.
Et puis, quelle maîtrise des scènes d’action ! Elles sont particulièrement visuelles et rythmées. La tension, le danger, la peur… Tout est suffisamment bien décrit pour que l’imagination fasse le reste. J’avais véritablement l’impression de regarder un film se dérouler sous mes yeux, avec cette sensation de retenir mon souffle en attendant de savoir ce qui allait arriver. J’étais complètement dedans.
Micah est en fuite. Il a appris à se fondre dans l’ombre, à garder ses secrets bien enfouis et surtout à ne jamais s’attacher. Derrière son sourire facile, son apparence fragile et son air détaché, il cache un lourd passé.
Adam est un lycan, l’Alpha de sa meute. Il porte sur ses épaules la responsabilité de ceux qui l’entourent et fait passer leur sécurité avant tout. Fier, protecteur et déterminé, il n’a pas peur d’affronter le danger, ni de prendre des décisions difficiles.
Quand leur chemin se croise, quelque chose se tisse. Une attirance d’abord, difficile à ignorer. Micah décide de se laisser tenter, mais ce qui devait être une nuit de sexe débridée prend un tournant entièrement inattendu.
J’adore ce genre de retournement de situation, auquel on ne s’attend pas ! Celui qui nous pousse à regarder les personnages d’une façon complètement différente et qui entraîne l’histoire dans une direction qu’on n’avait pas anticipée.
À partir de ce moment, l’auteure ne vous laisse plus un instant de répit. Vous allez boire un verre à l’effigie d’une licorne pailletée à l’Unicorn Temple, côtoyer des loups-garous, croiser des tueurs à gages de la Bratva russe, assister à l’évolution lente d’une relation entre deux hommes aux vies très éloignées l’une de l’autre. C’est fort, parfois violent et sanglant, dur et réaliste. Micah et Adam vont devoir apprendre à se faire confiance malgré leurs différences et leurs blessures.
Emmie Jean a su créer un univers d’urban fantasy bien à elle. Son récit est riche, l’histoire totalement addictive et la romance prend le temps de se construire au fil des pages. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ma lecture. Je dois vous avouer que j’ai même perdu quelques heures de sommeil pour aller au bout de cette histoire ! D’ailleurs, je file de ce pas commencer l’autre roman de cet univers, « Vient le chasseur et le loup se bat », au titre aussi intriguant que le premier.
Il arrive parfois qu’un loup ne cherche pas à dévorer un agneau.
Il arrive même qu’il ait envie de le protéger.
Alors qui est la proie ? Qui est le prédateur ?
Extrait de « Vient l’agneau et le loup s’apaise » d’Emmie Jean.
Micah
Me faire draguer était habituel et je savais m’en sortir avec grâce et sans dommage pour mes pourboires. En revanche, être saisi au poignet par un boulet aviné qui ne contrôlait pas sa force était hors de ma zone de confort et je fusillai l’outrecuidant du regard.
— Allez, juste un bisou, bredouilla-t-il. Je suis un super coup, bébé, je peux te l’assurer !
— Merde, lâche-moi de suite !
Au lieu d’obtempérer, il tira sèchement sur mon bras pour me rapprocher et je grimaçai. Non, mais quel connard ! J’allais protester avec vigueur quand une silhouette imposante plana soudain au-dessus du poivrot et une voix glaciale lui susurra à l’oreille :
— Le monsieur t’a dit de le lâcher, alors tu t’exécutes, bordel.
Hors de contrôle, l’apprenti culturiste renâcla sans même se retourner.
— Mêle-toi de ton cul, enfoiré, je discute là.
Un grognement sourd me fit avaler ma salive et une traînée de chair de poule envahit mon échine. Il était facile, en plaisantant avec le Adam amusant et décontracté, d’oublier qui il était réellement. Mais je n’étais pas stupide et je gardais toujours dans un coin de ma tête qu’il restait un prédateur, capable de tuer sans sourciller pour se nourrir, ou se venger. Il ne m’effrayait pas. J’avais passé l’essentiel de ma vie à côtoyer des hommes bien pires que lui, et ce, sans l’excuse de la fourrure. Mais à cet instant, il me suffit de l’évaluer une seconde pour comprendre que les choses allaient sacrément dégénérer si je ne faisais rien.
À côté de mon emmerdeur, ses amis, tous plus ivres les uns que les autres, regardaient la scène en gloussant et sans faire mine d’intervenir. Et à voir ses mâchoires crispées et ses pupilles brillantes, Adam était sur le point de massacrer le pauvre abruti qui me broyait le poignet. Merde, est-ce que c’étaient des crocs qui pointaient ? Je ne pouvais pas le laisser bouffer nos clients, c’était mauvais pour les affaires.
Adam
Je me penchai vers lui, observant avec plaisir une rougeur monter sur ses joues pâles et ses pupilles se dilater. Je soufflai doucement sur sa peau pour la faire frémir et murmurai :
— Je vais t’embrasser, Micah. Si tu n’en as pas envie, tu peux simplement te reculer.
Il ne bougea pas, mais inspira vivement. Je scrutai ses yeux, traquant la moindre trace de peur ou d’appréhension, mais je ne trouvai qu’un peu de confusion et, derrière, beaucoup d’excitation. Alors, je levai ma main et la glissai sur sa nuque, jouant avec les cheveux rasés. D’un mouvement doux, mais ferme, je le ramenai à moi tout en venant à sa rencontre, jusqu’à ce que nos lèvres brûlantes fusionnent ensemble dans un baiser d’abord tendre puis passionné. Je passai ma langue sur ses lèvres pour le tester, appréciant leur souplesse et leur tiédeur, puis dans sa bouche et il ne se défendit pas. Au contraire, après quelques instants d’inertie, sa propre langue se joignit à la mienne avec fureur, traquant mon goût et faisant monter la chaleur entre nous. J’avais envie de le dévorer et sans le préméditer, je l’attirai plus près, lui ravissant la bouche, encore et encore, jusqu’à lui tirer un gémissement qui me remplit de triomphe. Mais je devais prendre garde à doser mes effets. Lorsque je le relâchai, il était écarlate et je tremblais moi-même. Il me dévisagea avec confusion, le souffle court et le regard flou. Son odeur était chargée de désir, d’excitation et de crainte. Ma verge frottait sur mon pantalon et j’articulai d’un timbre rauque tout en promenant la pulpe de mon pouce sur sa pommette et sa tempe.
— Voilà ce que je veux, Micah. Je suis prêt à te donner tout le temps du monde, mais c’est ça que j’espère et que j’attends. Et je ne parle pas d’un coup rapide, mais de toi, ici et avec moi.
Il semblait complètement perdu, incapable de répondre. Je me relevai lentement et lui déposai un dernier baiser sur les lèvres, adorant à nouveau leur tendresse et leur goût. Et lorsque je quittai la pièce, le laissant impuissant à s’exprimer, ce fut avec la satisfaction intense de l’avoir rendu muet d’un seul baiser.
1 Comment
Bonjour, merci pour cette recommandation. Pour l’instant je termine ma lecture de Guardian Tome . J’ajoute ce roman dans ma PAL, je n’en ai pas beaucoup avec des Alphas. Mon prochain roman sera ce qu’il reste de nous de Lily Haime. Bon week end