« Run, Boy, Run » d’Emily Kind
Un coup de cœur.
Un énorme coup de cְœur.
Je ne sais même pas comment commencer ma chronique. J’oscille entre la peur de trop vous en dévoiler et celle de ne pas en dire assez.
Trop, ce serait vous priver de ce qui fait l’âme de ce livre. Pas assez, et vous pourriez passer à côté de ce bijou.
« Run, Boy, Run » et moi, c’est une rencontre totalement inattendue. Un arrêt sur la couverture, un coup d’œil sur le résumé et la conviction surprenante que je devais découvrir cette histoire. Que je ne pouvais pas la laisser filer.
Vous allez partir au Japon et faire la connaissance de Manjiro Nanashima et de Naoya Satô.
Suite à la mort de son jumeau, Akane, Naoya s’enfuit et passe sept années à survivre dans les rues de Tokyo, tentant d’échapper à la douleur qui le consume. Contraint de revenir dans sa ville natale, il espère tourner la page, mais le destin le ramène face à Manjiro, le garçon qui était amoureux de son frère, devenu capitaine de l’équipe universitaire de volley-ball. Leur rencontre ravive un passé douloureux qui les a tous deux profondément marqués.
Naoya est un personnage complexe, dont les émotions débordent souvent avant même qu’il ait le temps de les comprendre. Derrière son tempérament explosif et son attitude provocatrice se cache un jeune homme fragile, hanté par ses erreurs, qui porte en lui une immense culpabilité. Son impulsivité, son insolence, son refus de se laisser dominer donnent l’image d’un garçon rebelle, mais cette façade dissimule une immense sensibilité.
Manjiro Nanashima est un personnage d’une intensité rare, dont la force tranquille masque des blessures profondes. Froid, discipliné, toujours maître de ses émotions, son assurance n’est en réalité que le reflet d’un homme qui refuse de laisser ses émotions prendre le dessus. L’amour qu’il portait à Akane a laissé une empreinte indélébile sur son cœur, faisant de lui un homme incapable d’oublier le passé.
« Run, Boy, Run » est un roman bouleversant sur la résilience, le deuil, la reconstruction et la force de l’amour. Mais il est également surprenant, et c’est ce qui en fait toute sa force.
Ce qui semble d’abord être une histoire de rivalité ou de retrouvailles se révèle progressivement bien plus profond. Emily Kind construit son intrigue avec finesse, dévoilant les blessures de ses personnages au fil des pages sans jamais précipiter les révélations. Elle évite les clichés pour proposer un récit sincère et poignant.
Impossible de vous en dire davantage mais, croyez-moi, cette romance ne vous laissera pas indifférent.
Et puis, il y a cette immersion au cœur du Japon, qui apporte une véritable richesse au roman. Emily Kind ancre son récit avec ses références culturelles, parsème son livre de mots japonais, décrit les traditions et les relations sociales avec beaucoup de naturel. Ce décor ne sert pas seulement de toile de fond : il influence les personnages, leurs choix et leur manière d’exprimer leurs émotions. Des rues trépidantes de Tokyo aux plages ensoleillées d’Osaka, en passant par le charme paisible de Noboribetsu, l’auteure nous donne le sentiment de voyager et de découvrir un pays et son identité.
Une rencontre inattendue.
La découverte d’une plume intense, dotée d’une grande sensibilité.
Un roman surprenant dans son intrigue et la finesse de ses personnages.
Un coup de cœur.
Un énorme coup de cœur.
Extrait de « Run, Boy, Run » d’Emily Kind.
Une chaleur brûlante se niche dans ma poitrine. Un déchirement fend ma cage thoracique en deux face au tourbillon qu’est Satô sur la glace. Déjà que je ne voyais que lui… Comment je fais, moi, pour l’ignorer avec ses cheveux désormais teints en rose pétant ? Comment je fais, alors que la première idée qui me vient à l’esprit à présent est de l’agripper par sa tignasse trop longue, trop lumineuse, pour le mettre à genoux devant moi ?
La main sur la nuque, un sourire insolent aux lèvres, il décrit un arc de cercle parfait, son arme de fortune roulant à ses pieds.
— T’es vraiment taré, Satô ! T’es un grand malade, sérieux ! Imagine qu’il se blesse avant les qualifications !
Étrangement, son regard s’adoucit alors que le flot d’insultes qui inonde ma bouche se tarit. Son blouson ouvert, l’encolure tombant dans le pli de ses coudes sans qu’il cherche à le remettre en place, la chaîne en argent qui brille sur son col roulé noir, sa manière de me fixer sans prononcer un mot… Chaque particularité qui compose ce mec fait trembler les barrières derrière lesquelles je me suis barricadé et ça… ça, c’est intolérable.
Encore une fois, il est trop visible. Trop grand, trop fin. Il aime beaucoup trop la ramener quand il ferait mieux de se taire. Il va au-devant des embrouilles, les crée quand il ne trouve personne à qui s’en prendre. Il a les cheveux roses, des tonnes de piercings. Porte des barrettes. Il se complaît dans la violence, se montre bizarrement consciencieux aux entraînements. Il veut se faire du mal, veut m’en faire aussi.
Il se fout de ma gueule.
Et moi… Je hais cette tension qui s’empare de mon corps, de mes pensées. Je hais cette sensation immonde qu’il domine mes pensées.
4 Comments
coucou Viranne, tu m’as donné très envie de découvrir ce roman………Bon week end
Coucou Framboise,
C’était le but… Je l’ai tellement aimé que j’avais vraiment envie de le partager.
Merci pour ton petit mot !
Je te souhaite un beau WE, Framboise.
Bises
Coucou Viranne 🙂 merci pour cette recommandation lecture. Encore un livre qui est dans ma PAL ah ah. J’avoue que j’avais aussi été intriguée par la couverture et le résumé de ce livre. L’histoire a l’air assez forte et j’aime quand les sentiments sont bien racontés, que les personnages sont complexes… D’après l’extrait que tu nous a partagé, en effet, la plume a l’air très agréable et belle. Un argument de plus pour le sortir de ma PAL… ! Bon week-end et bonne semaine à toi. À bientôt. Bises
Coucou Mitchiko,
Alors celui-là, n’hésite pas à le mettre tout en haut de ta PAL ! Remarque, je dis ça pour tous les romans qui me plaisent ! Alors laisse-toi tenter par cette écriture forte et maîtrisée. L’auteure m’a embarquée dès les premières lignes, un roman que j’ai dévoré, avec une histoire et des personnages bien plus complexes qu’il n’y paraît. Un livre que je relirai avec plaisir.
Merci pour ta fidélité à cette chronique.
Bon WE, belle semaine et bonne découverte livresque.
Bises