Planting Love

« Planting Love » d’Anna Lexhart

 

 

Ce jour-là, j’avais envie d’une petite histoire feel good, tendre et douce, « sans drame, sans larmes » comme dirait Jean-Jacques Goldman.

Je suis tombée sur cette jolie couverture, avec un titre qui m’a interpellée : « Planter l’amour », comme si c’était quelque chose de fragile au départ, capable de grandir et de s’épanouir avec du soin, du temps et de la patience. J’ai trouvé l’idée très belle. Un coup d’œil au résumé, l’envie de découvrir une nouvelle auteure, et hop ! Le livre était dans ma PAL.

Reese est un jeune homme solaire, extraverti, passionné de danse et toujours en mouvement. Sa personnalité chaleureuse attire comme un aimant. Le silence et la solitude, ce n’est pas pour lui, ça lui fait même peur. Alors il remplit sa vie de bruit et de lumière, de musique et de rire. Il enchaîne les petits boulots pour se payer son école de danse. Il croit en ses rêves, c’est un éternel optimiste qui voit toujours le bon côté des choses.

Zach, c’est tout le contraire. Il est autiste et vit dans un monde dans lequel tout doit être à sa place, car chaque changement représente une source d’angoisse. Solitaire, réservé, il est attaché à ses routines qui le rassurent. Le bruit, les gens, les imprévus le bousculent et le submergent. Pour se protéger, il garde les autres à distance et contrôle soigneusement ses émotions.

D’abord voisins, puis collègues de travail, leur relation commence difficilement. Reese ne comprend pas la froideur et la rigidité de Zach, et ce dernier ne supporte pas ce garçon qui envahit son espace et perturbe son équilibre. Pourtant, petit à petit, ils vont se découvrir et s’apprivoiser.

Mais ce roman est, à mon avis, bien plus qu’une simple histoire d’amour contemporaine. Anna Lexhart aborde ici l’autisme comme je l’ai rarement lu. Bien sûr, il y a autant de formes d’autisme que d’étoiles dans le ciel et l’auteure ne prétend pas toutes les représenter. Avec une plume sensible, d’une grande simplicité, elle nous parle de Zach, de Reese, de l’acceptation de leurs différences.

Dans « Planting Love », l’autisme occupe une place centrale et nous invite à voir le monde, les relations et les émotions du point de vue de Zach. La réalité quotidienne de son handicap est mise en lumière : la nécessité de routines, la surcharge sensorielle, la complexité des relations sociales. Parce qu’il est invisible, ce trouble est souvent mal compris, ou interprété comme de la froideur ou du rejet.

Et c’est ce qui fait toute la force de ce livre, montrer à quel point le jugement est faussé lorsqu’il manque de connaissance ou d’empathie. À travers les perceptions de Zach, le lecteur est amené à comprendre que certaines réactions ne sont pas de l’indifférence mais une autre manière de s’exprimer et de ressentir. Qu’il faut parfois prendre le temps de s’arrêter et d’écouter, de faire attention aux détails, d’accepter la distance.

Au fil du récit, Reese apprend à connaître les besoins de Zach et à respecter ses limites, tandis que Zach découvre qu’il peut s’ouvrir au monde sans forcément souffrir. Leur amour est beau parce qu’il repose sur l’acceptation. C’est un amour qui ne guérit pas, qui ne normalise pas mais qui apprend à composer avec les particularités de l’autre.

Si vous aimez les romances feel good qui se construisent lentement, les personnages authentiques et attachants, si vous avez envie de découvrir un sujet fort, l’autisme, traité avec beaucoup de justesse et de sensibilité, alors n’hésitez pas à vous plonger dans « Planting Love » d’Anna Lexhart.

 

Extrait de « Planting Love » d’Anna Lexhart

 

Après un temps infini à rester en surface, j’ose enfin prendre davantage, je glisse mes mains sous son débardeur. Sa peau frissonne sous mon contact, mon propre corps réagit en se couvrant de chair de poule.


Je devrais avoir mangé à cette heure-ci. Je devrais être prêt à aller me coucher, même. Ma cafetière devrait être programmée pour demain matin, mes vêtements propres pliés et posés dans la salle de bain. Je devrais être douché, avoir les dents brossées…


— Zach ?


— Mhh ?


Les beaux yeux de Reese, presque noirs dans la pénombre, me sondent.


— T’es fatigué ? Quelque chose te dérange ? Si je suis trop collant, tu le dis, ok ?


— Quoi ?


— Ça doit faire plus d’une heure qu’on… Tu dois en avoir marre…


— Pourquoi j’en aurais marre ? Pour être tout à fait honnête et même si je trouve ça étrange, je crois que je pourrais t’embrasser toute la nuit. Mais si toi tu en as marre…


Un rire adorable lui échappe, puis il répond très sérieusement :


— Jamais.


— Alors arrête de parler et embrasse-moi encore, soufflé-je, tout en tirant sur le col de son débardeur pour rapprocher son visage aux joues légèrement colorées du mien.


— Pourquoi j’adore quand tu me donnes des ordres ? chuchote-t-il, à quelques millimètres de mes lèvres. Je suis vraiment maso.


Son souffle chaud sur ma peau fine achève de me faire perdre le peu de sens commun qu’il me restait. Ma main droite vient se placer sur sa hanche pour le faire basculer à califourchon sur moi. Il hoquète de surprise, mais reprend très vite ses esprits et m’embrasse à nouveau. Chaque fois que ses dents mordillent ma lèvre inférieure, chaque fois que sa langue vient frôler la mienne, je perds pied.


Jamais je n’aurais imaginé avoir cette fièvre en moi. Cette… passion. De l’amour à revendre, j’en ai toujours eu. Mais du désir ? J’apprends tout juste à désirer des choses dans la vie. Grâce à lui.

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