1.
Je saisis mon téléphone pour la centième fois ce matin, mais je n’ai aucun message. Rien dans mes mails, sur Instagram ou Tiktok. Pourtant, mes notifications ne font qu’augmenter, mais aucune que j’ai envie de recevoir. La seule chose que je veux, c’est avoir de ses nouvelles.
Hier soir, j’ai merdé !
Je suis sûr qu’il m’en veut. Lorsqu’il m’a regardé avant de partir, j’ai lu de la peur dans ses yeux. Est-ce qu’il a peur de moi maintenant ?
– Joong ? C’est ton tour au maquillage ?
Je repose ce fichu téléphone et je lève la main en direction de ma co-star pour le remercier.
Dunk est adossé au chambranle de la porte de notre loge.
– Merci, Bro’, lui dis-je en insistant de manière lourde sur ce dernier mot.
– Waouh ! Tu as une de ces têtes, on dirait moi ce matin au réveil, précise-t-il en rigolant.
– Le réveil a été rude pour moi. Plus jamais de mélanges !
– C’est la faute des cocktails de Phuwin ! Ils te prennent en traître alors qu’ils paraissent légers.
Je me lève et commence à partir vers la loge maquillage avant de faire demi-tour au son d’un « ping » retentissant.
Je ne sais pas s’il est réellement retentissant ou si tous les sons sont amplifiés à cause de mon mal de crâne.
Je saisis mon smartphone et je le déverrouille plus rapidement qu’à mon habitude.
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Je grogne. Je m’en fous des réductions et mon mal de tête est encore pire. J’ai besoin d’une aspirine.
Au maquillage, Bloom, la maquilleuse de la série, réussit à me rendre présentable, même plutôt sexy. D’instinct, je prends un selfie.
J’ai une folle envie de le lui envoyer, mais je me retiens. Je ne veux plus jamais voir la peur dans ce regard qui m’envoûte.
Dunk et moi restons professionnels toute la journée. Entre deux scènes, je décide de lui faire une farce parce que, premièrement, j’adore ça et deuxièmement, ça me permet de penser à autre chose.
Je le retrouve en loge, endormi sur le canapé et décide de lui concocter une blague de mon cru.
Très vite, les équipes techniques passent et prennent des photos du beau au bois dormant. Enfin, plutôt de ses pieds, sur lesquels j’ai dessiné des bonshommes à chaque orteil.
Lorsqu’il se réveille, il constate que tout le monde est hilare. Il croise des regards et finit par regarder ses pieds.
– Joong ? Je vais te tuer.
– Trop tard, c’est déjà sur Tiktok ! il rit avec moi en me frottant la tête de son poing. Tout le personnel éclate de rire. Nos managers, eux, sont dépités, comme pourraient l’être deux parents exténués des pitreries de leurs enfants.
– Les gars, vous tournez enfin un BL mâture et vous continuez de vous comporter comme des gamins, dit l’un.
– Pas un pour rattraper l’autre, surenchérit le deuxième.
– On enchaîne, scène bureau, grésille le talkie-walkie.
Et c’est reparti.
Pour ce BL, mon acolyte et moi sommes ravis. Lui, il joue le rôle du Directeur d’entreprise froid et distant, qui reprend la suite de son père et doit faire ses preuves. Moi, je suis le jeune cadre nouvellement embauché, qui cache un secret : il est là sur ordre de l’ancien directeur, pour protéger son fils à la suite de menaces de mort.
Ce rôle de PDG convient parfaitement à Dunk. Il a la carrure et l’attitude. Il a toute la prestance qu’il faut.
En revanche, cette fois-ci, c’est lui qui devient le Top. Les rôles sont échangés. Même si nous apprécions ce nouveau défi, il n’a pas l’habitude et stresse un peu. De mon côté, je ne joue pas l’éternel Bottom fragile, donc je me laisse porter.
Pour cette scène, Dunk va devoir jouer le gros dur. Je me frotte les mains. Voyons si tous nos entraînements et nos préparations ont porté leurs fruits.
– Coupez !
Dunk descend du bureau, ce qui me permet de me redresser à mon tour. Je reste assis sur le meuble le temps d’une retouche de maquillage autour des lèvres.
– Joong ? Tu n’es pas dedans, commente le réalisateur.
– Désolé.
– Tu dois jouer celui qui ne veut pas être embrassé par son patron, mais rêve quand même de goutter ses lèvres, indique notre coordinateur de scènes intimes.
– Hum hum…
Il retourne auprès du réalisateur pour discuter de la scène.
– Bro’, tu sais que j’ai de superbes lèvres.
– La ferme, Dunk.
– Je dis ça pour t’aider. Tu as envie de m’embrasser, mon pote, ajoute-t-il en haussant ses sourcils à plusieurs reprises pour marquer le sous-entendu.
– Je vais te fourrer ma langue dans la gorge, tu vas voir.
Il rit à gorge déployée.
– D’accord, j’arrête. Par contre, c’est vrai que tu es ailleurs.
– Je sais.
– Tu veux en parler ?
– Non.
– Je vois… alors, tu veux une pause ?
– C’est juste… idiot, finis-je par murmurer.
– Quoi donc ? me demande-t-il en réajustant sa chemise blanche dans son pantalon.
– Ce baiser annule le sien.
Il me regarde les yeux ronds.
– Hein ? Qui ? Quand ?
Dunk se transforme en enquêteur, alors que je me sens comme une merde et que j’ai envie de me planquer au centre de la terre.
– Je…
– La fête de Noël d’hier ! s’exclame-t-il triomphant.
Je lui cogne l’épaule.
– Arrête, tais-toi ! Ils vont t’entendre.
Il sourit comme un idiot. Je rêve de lui donner un autre coup de poing pour faire disparaître ce sourire moqueur. Au lieu de ça, je baisse la tête.
– Bro’, on n’était pas si nombreux hier, alors dis-moi. Je finirai bien par le savoir de toute façon.
– Il se pourrait que ce soit…
Je murmure le prénom tellement bas qu’il tend l’oreille en répétant « hein » une bonne dizaine de fois.
– C’était Pond.
2.
Je fixe la bouteille de bière en face de moi, tout en la faisant tourner machinalement.
– Putain !
Dunk, en face de moi, essaye de se remettre de ses émotions.
Après les séquences de tournage du jour, il a proposé que nous allions boire un verre chez lui pour vider ce que j’avais sur le cœur. J’ai accepté.
– Attends, attends… me fait-il alors qu’il agite les mains en ma direction. Donc, ça fait des semaines que vous vous draguez par messages, mais sans vous voir ; et vous avez échangé votre premier baiser hier soir alors que vous étiez saouls ? reprend-il d’une traite sans respirer.
– On ne se drague pas. Ce sont des messages, heu… disons, privés, mais il n’y a pas de…
Je m’arrête en plein milieu de ma phrase. Je ne sais même pas mettre de mots sur ce qu’on fait tous les deux. C’est de la drague ? Non ! Enfin, je ne crois pas.
– Bro’, donne-moi ton téléphone.
– Pourquoi ?
– Donne et ne discute pas, m’ordonne-t-il, alors je le lui tends. Déverrouillé, c’est mieux, rajoute-t-il.
J’appuie mon pouce et le fond d’écran change instantanément. Dunk fait défiler mes messages et ouvre la conversation qui l’intéresse.
Je ne sais plus où me mettre. Je ne sais pas si j’assume tous nos messages. Certains sont très privés, voire intimes.
Mon binôme de tous les jours lit avec assiduité et lance parfois quelques « oh » et « hum hum », tout en me regardant par moment avec un regard entendu.
Lorsqu’il me rend l’objet, personne ne parle. Je continue de tourner la bouteille de bière entre mes doigts. Je fixe le vide, perdu et découvert.
C’est Dunk qui brise le silence.
– Putain, Bro’, c’est clairement de la drague.
– Quoi ?
– Lui comme toi. Vos échanges… Vous vous faites des avances. C’est extrêmement intime et à la fois naïf. C’est mignon, mec.
Puis, comme je ne réponds rien :
– Le baiser d’hier, il vient de qui ?
Au bout de trente bonnes secondes, je pose mon front sur la table et je lève le bras au-dessus de ma tête.
J’entends mon meilleur ami siffler et lancer un « bien joué, champion » comme si je venais de marquer un panier sur le terrain de basket.
Je ne lève pas la tête tout de suite mais j’ose lui demander ce qu’il faut que je fasse d’après lui.
– Je ne connais pas les détails, mais je pense que vous devez parler.
– Et je fais ça comment ? dis-je en le fixant enfin dans les yeux pour la première fois depuis notre arrivée chez lui.
Il agite son index vers moi, comme pour me sommer d’attendre et tapote sur l’écran de son propre smartphone.
Quand il a fini, il tend le portable vers moi et je découvre ce qu’il a écrit.
À Phuwin : « Yo, mec ! Ce soir, rendez-vous chez moi à 21h pour le deuxième round. Hâte de boire tes cocktails. Ça va être fun. Emmène Pond. »
La réponse ne tarde pas à apparaître : « On sera là. »
Merde !
Avant qu’il arrive, je dois me préparer. Nous sortons de tournage, j’ai encore une bonne base de maquillage à faire disparaître et une douche à prendre.
Voyant que je m’agite sur place et que je cogite à la vitesse de la lumière, Dunk pose sa main sur la table.
– Bro’, il est 18h, calme-toi. Tu as le temps.
– Je te déteste parfois.
– Je sais, me répondit-il avec un sourire.
Je finis ma bière dans l’optique de filer sous la douche. Heureusement, nous laissons toujours des affaires l’un chez l’autre pour être toujours prêts.
– Attends un peu, petit coquin.
La voix de mon meilleur ami est amusée.
– J’attends toujours que tu me racontes comment tu en es venu à l’embrasser.
C’est à ce moment-là que les vannes se sont ouvertes. Je ne reviens pas sur les messages, il les a lus. Je lui explique que lors du tirage au sort, le hasard nous a désigné l’un l’autre pour le cadeau du Secret Santa. J’ignorais ça au début. Par contre, de mon côté, j’ai pris soin de choisir un cadeau parfait pour lui.
Depuis le début de la tournée de JASP.ER, notre groupe de Tpop, j’ai appris énormément sur Pond. J’ai découvert ses aspirations, ses passions et ses goûts. J’explique à Dunk que ce rapprochement et nos échanges par messages m’ont permis de faire le meilleur choix de cadeau. Après tout, Pond m’a souvent confié vouloir faire des live ou des enregistrements depuis son appartement, mais ne pas pouvoir le faire sans matériel adéquat.
– Pond a toujours aimé le métier d’acteur, mais il a aussi une passion pour la musique.
– D’où le micro d’enregistrement, comprend-il alors.
J’acquiesce et reprends mon récit.
– Quand il a ouvert mon cadeau, il a été très touché, je le sais, je l’ai lu dans ses yeux. Et c’est à ce même moment qu’il m’a tendu son cadeau, il était pour moi. Mon cœur a manqué un battement.
– Tu étais tout content que ton béguin t’ait tiré, hein ? lança-t-il en faisant encore danser ses sourcils, Dieu que je déteste quand il fait ça.
– La ferme, Dunk !
– Désolé, désolé. C’était trop tentant. Mais j’arrête, promis, dit-il en levant les mains en signe de reddition. Et du coup ? C’était quoi ce cadeau ?
– Un cadre photo avec la photo de ma mère et moi lorsque j’étais petit en Turquie, une photo de nous deux lors de notre premier BL et une photo de lui et moi lors de notre premier concert avec le groupe.
– Waouh !
– Ouais, je sais.
J’explique à Dunk qu’à ce moment-là la pièce était remplie de rires et de bruits, les papiers cadeaux volaient dans tous les sens. Je n’ai pas osé dire autre chose qu’un « merci » tout timide, qui ne me ressemble pas.
Après quelques minutes, et quelques verres, j’ai eu le courage de prendre Pond à part. Nous avons parlé de nos cadeaux. À un moment, j’ai vu une lueur dans ses yeux. Elle devait ressembler à la mienne. J’avais envie d’être plus proche de lui. Nous nous sommes naturellement pris dans les bras.
– Et tu as dérapé ! conclut mon confesseur.
– Eh bien oui. Je l’avoue. J’étais touché, il était dans mes bras et il sentait bon. Voilà.
– C’est vrai qu’il sent bon.
– Ça n’aide pas, Dunk, le réprimandais-je.
– Désolé, Bro’.
– Et depuis hier soir, je n’ai pas eu de nouvelles.
– Tu en as pris ?
– Eh bien…
– Ohlala, Joong, fais un effort, sérieux ! Tu dragues un mec depuis des mois, reprend-il. Ce gars semble faire de même dans tous les messages qu’il t’envoie. Il t’offre un cadeau trop mignon à Noël. Tu l’embrasses. Et tu ne lui fais même pas un message ?
Je le regarde, gêné.
– Bon sang ! Tu es super nul pour courtiser quelqu’un.
Je suis dépité. Il a raison.
3.
Sous la douche, je me repasse en boucle la conversation avec Dunk dans ma tête. Comment puis-je être aussi bête et maladroit ? Habituellement, je suis sociable et très à l’aise avec les relations. Lors de mes histoires passées, aucun de mes ex ne s’est plaint de ma façon de draguer.
C’est pire que je l’imaginais.
En fait, devant Pond, je perds mes moyens.
C’est pourtant le même homme avec qui je suis ami depuis des lustres. Nous faisons partie de la même agence, avons fait d’innombrables émissions ensemble, nous sommes dans le même groupe et nous fréquentons la même bande d’amis. Comment est-ce que cet Apollon a pu me transformer en petit Joong timide et inexpérimenté ?
Je décide de me préparer tout en préparant mon esprit à le revoir.
– Salut les gars, lance Dunk depuis la porte d’entrée.
Assis sur le canapé du salon, je frotte nerveusement les mains sur l’assise en attendant qu’ils arrivent.
Quand je lève la tête, je l’aperçois. Il est un peu en retrait. Dunk et Phuwin sont déjà en train de débattre sur la grande question de la soirée : faut-il mettre de l’ananas ou de la poire avec la tequila et le cointreau. Je n’ai absolument aucune idée de ce dont ils parlent.
Mes yeux sont rivés sur lui.
Il enlève sa veste et la jette nonchalamment sur un des fauteuils. C’est à ce moment précis que son odeur me parvient. Elle est exactement la même. Un mélange de son parfum et de lui.
– Sa– lut, dit-il maladroitement.
– Salut.
Je suis gêné et perdu. Il n’est pas le même non plus. J’ai tout gâché hier soir.
Je tente une approche d’ami.
– Tu sais de quoi ils parlent ?
– Pas du tout. Et je ne veux pas savoir. Je reste à la bière, on ne m’y reprendra pas deux fois, dit-il.
Je me fais tout un film dans ma tête. Est-ce qu’il regrette d’avoir autant bu et de s’être laissé embrasser par moi ? Est-ce qu’il se souvient au moins de notre baiser ? Je panique.
– Gueule de bois ?
– Oh que oui. Pourquoi, pas toi ?
– Affreuse, répondis-je.
Le silence s’installe et me consume petit à petit. Nos deux éléments de pairing sont en train de faire des blagues et autres imitations sur la soirée d’hier.
– Et sinon ? Pas de scoop durant la soirée ?
Je me retourne vers ce con de Dunk, qui pense être très subtil, mais ne l’est pas du tout. S’il avait été plus proche de moi, il aurait pris une claque sur le front.
– Si ! lui répond Phuwin. Un bisou.
Mon cœur va lâcher.
– First et Khaotung se sont embrassés sous le gui. Il a fallu que Mix les sépare.
Je reprends mon souffle bruyamment alors que je n’avais pas conscience de l’avoir retenu.
– En même temps, des âmes sœurs qui ne s’embrassent pas, ce serait dommage, non ? rajoute-t-il.
Je hoche la tête pour abonder dans son sens et je vois que les deux autres font de même.
– J’aime la relation qu’ils ont, ils suivent leurs sentiments et ils ont raison.
Je croise le regard de Pond. Il vient de dire cette phrase comme s’il parlait de nous. En tout cas, c’est comme cela que je le perçois. Mon corps se détend enfin.
Je lance deux trois phrases, par-ci, par-là, mais je ne suis pas vraiment présent dans notre conversation.
Au bout d’un moment, nos verres sont vides. Le binôme infernal – Dunk et Phuwin, bien entendu – repart en cuisine pour utiliser le mixeur. J’espère qu’ils ne vont pas se blesser, mais cet éclair d’inquiétude passe en un claquement de doigt.
Pond me prend la main et m’entraîne dans la chambre d’ami que j’occupe chaque fois que je viens chez Dunk.
Je le suis, terriblement surpris mais aussi galvanisé par sa main qui tire la mienne.
Une fois que nous sommes seuls, il ferme la porte.
– Il faut qu’on parle.
Ses mots résonnent dans la pièce et dans ma tête. J’entends les mots mais je ne déchiffre pas le ton employé. Il est content ? Il est énervé ?
– Joong…
– Pond…
Nos deux noms se heurtent et nous nous taisons. Je respire fort. Il s’assied sur mon lit.
– Merde, Joong.
Il frotte la base de ses cheveux à l’arrière de sa tête. J’adore quand il fait ça. D’ailleurs, pourquoi est-ce que j’adore quand il fait ça ?
Je reste planté au milieu de la pièce comme un idiot. Je veux le laisser parler, qu’il me dise comment il se sent.
– Joong, je suis…
– Perdu ? En colère ? dis-je en essayant de finir sa phrase à la hâte.
– Non, je voulais plutôt dire que je suis dur depuis que tu m’as embrassé hier.
Il me fixe à présent, d’un air indéchiffrable.
– Hein ?
Je ne suis pas sûr de bien comprendre.
– Tu es…
Il pointe son doigt vers son pantalon, et plus précisément son entrejambe.
– Oh !
– Voilà. Et donc, si tu pouvais finir ce que tu as commencé avant que les deux autres illuminés arrivent, ce serait fantastique.
Il me sourit. Avec ce sourire charmeur et magnifique.
– Avec grand plaisir.
Je fonce sur lui comme un aigle sur sa proie. Dans mon élan, je prends son visage dans mes mains, pose ma bouche sur la sienne et nous basculons sur le lit.
Alors que ses lèvres et les miennes commencent à trouver un rythme, un bruit retentit.
– Attends, je crois que Joong a un autre tee-shirt dans sa chambre, s’écrit la voix de Dunk qui se rapproche.
Je me relève brusquement et Pond tente de paraître naturel lorsque la porte s’ouvre.
Le visage de mon meilleur ami se fige. Ses yeux passent de Pond à moi, puis retournent sur Pond. La poignée toujours dans la main, il penche son corps pour que Phuwin l’entende.
– C’est bon, mission accomplie ! Ils se galochent comme des gosses !
Quel merdeux !
Je commence à courir après lui en tentant de le frapper. J’entends Pond sortir derrière nous et nous rejoindre au salon. Phuwin est mort de rire sur le canapé.
– Eh bien, les mecs, vous en avez mis du temps, lance-t-il à son partenaire de BL.
Je m’arrête, étonné.
– Tu savais ?
– Bien sûr. Pond souriait bêtement à tes messages et il a commencé à rougir parfois. J’ai vite compris. Puis, il m’a raconté le début de la tournée et votre rapprochement. Mais il restait frustré que tu ne tentes rien avec lui.
– Phuwin, on pourrait peut-être garder ça pour nous ? demande Pond, très gêné.
– Pourquoi ? C’est chou.
– Mouais…
Je n’en reviens pas. Pond serait tombé amoureux en premier ? Et je n’ai rien vu ?
– J’en ai assez attendu.
Je parcours les quelques centimètres qui me séparent de Pond.
– Je préfère entendre le reste de sa bouche, dis-je à Phuwin en regardant Pond.
– On sait que tu préfères sa bouche, raille Dunk.
– La ferme, Dunk !
4.
– Coupez ! C’est dans la boîte ! Bon travail, tout le monde !
Le réalisateur crie dans son mégaphone. Dunk me serre dans ses bras alors qu’on entend le clap de fin.
Je suis ravi d’avoir terminé le tournage et en même temps triste de quitter mon personnage. Pourtant, une seule chose occupe mes pensées à cet instant : je le vois ce soir !
Dans les loges, tout le monde parle du pot de fin de tournage. Le fameux passage obligé. Je ne sais pas comment me sortir de ce traquenard.
– Joong ? JOONG !
J’entends Dunk hurler mon nom à travers la pièce. Quand je finis par le repérer, il semble excité.
– Vite Joong ! Rentre chez toi ! Ta mère a fait un malaise.
– Quoi ?
Ma mère ? Mais pourquoi personne ne m’a appelé ? Je prends mon téléphone dans la poche de ma veste et le déverrouille.
J’ai un message. De Dunk.
Dunk : « Dépêche-toi de partir, idiot ! Je te couvre ! » avec deux émojis aubergine et étoiles.
Quel crétin ! Il a quinze ans ou quoi ? Mais ça me fait sourire un quart de seconde, avant que je me rappelle de paraitre paniqué à la suite de cette annonce.
Après dix minutes d’excuses à toute l’équipe de tournage, tout en ramassant mes affaires, j’atteins la porte de sortie.
Sacré Dunk ! S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Tout le monde a besoin d’un meilleur ami comme lui.
Lorsque j’arrive devant ma maison, j’aperçois une silhouette assise sur les marches grises du porche en pierres.
Quand Pond m’entend couper le contact, il me sourit. Ce sourire. C’est ce sourire que je veux voir à jamais.
Je descends du véhicule en trombe.
– Tu attends depuis longtemps ? Tu n’as pas froid ? demandais-je, réellement inquiet.
Il secoue la tête.
– Je viens d’arriver.
Nous entrons dans ma maison en tant que couple pour la première fois.
Comme à notre habitude, nous laissons nos affaires dans le placard de l’entrée. Mais aujourd’hui, ce geste paraît plus domestique, voire plus familial que par le passé. Peut-être que je réfléchis trop.
Pond marche devant moi.
– Ta sœur est là ? me demande-t-il.
– Non, elle est en Turquie avec ma mère.
– D’accord.
Je le saisis par les hanches et le retourne doucement pour qu’il me fasse face.
– C’est bizarre, non ?
– Oui, c’est bizarre, dit-il.
– Bizarre bien ou bizarre mal ?
Je le regarde réfléchir.
Il n’a pas l’air bien. Je décide de l’emmener jusqu’au canapé. Nous devons communiquer, pas comme tous ces couples de BL qui ne parlent jamais et affrontent les quiproquos les uns derrière les autres.
– Pond, écoute. Nous avons été amis avant. Tu l’as dit toi-même pour First et Khao, l’amitié forme une relation solide. Nous avons la base de la nôtre. Mais, aujourd’hui, je veux que tu me dises ce que tu veux vraiment.
– C’est ça le truc, commence-t-il. C’est que pour moi, c’est de plus en plus fort. Chaque jour j’ai envie de te voir, je pense à toi et j’ai envie de toi aussi. Avant, je ne pensais pas à toi comme ça. Mais aujourd’hui, je ne sais pas comment ressentir autre chose que de l’amour ou du désir pour toi. Ça me consume un peu. Ça va trop vite, non ?
Je sens mon propre sourire bouger mes oreilles pour faire de la place. Je suis le mec le plus heureux du monde à cet instant.
Pond me regarde, intrigué que je ne prononce aucun mot.
– Tout pareil ici.
– Quoi ?
– Non, je veux dire… Tu es ma plus belle surprise de cette année 2025. On se connaît depuis longtemps, mais pour moi aussi tout a changé. Tu es magnifique, tu es sensible, tu es intelligent, tu es talentueux et, manifestement, tu as bon goût pour les hommes.
Il pouffe de rire et me met une tape sur la cuisse.
– Pond, est-ce qu’on pourrait définir notre relation, s’il te plaît ?
– Oui, tu es mon petit ami, confirme-t-il.
Je manque de lâcher un énorme cri de joie à travers la maison tout entière, mais je me mors les lèvres en étirant un sourire et en levant les poings au ciel en signe de victoire. Ça fait rire Pond.
Lorsque je finis ma célébration je le vois danser d’une fesse sur l’autre, mal à l’aise.
– Mais…
– Mais ?
– Je pense qu’on devrait rester discrets.
Ses mots me gèlent le cœur.
Pourtant, je sais parfaitement qu’il a raison. Notre situation est particulière. Nous sommes piégés par notre notoriété.
– Je pense à nos carrières mais aussi à Phuwin et Dunk. On ne peut pas casser tout ce qu’on a construit ensemble pour une relation, même quand on est… sûr que c’est le bon.
– Putain Pond, c’est toi le bon ! m’exclamais-je.
Je lui renifle la joue en guise de bisou thaïlandais avant d’y déposer un petit baiser. Puis, son odeur me saisis de nouveau. J’inspire pour m’en imprégner.
– Tu sens trop bon…
– Je sais que c’est ta kryptonite, me répond-il en souriant.
– C’est la rouge. Celle qui me désinhibe, dis-je avec un regard de prédateur avant de lui foncer dessus.
Nos lèvres se scellent enfin.
Quand les choses deviennent plus bestiales, lui comme moi perdons nos vêtements un à un. La montée des marches de l’escalier est la plus périlleuse. Je refuse de perdre le contact avec son corps et sa bouche. Cette bouche.
Une fois dans la chambre, nous reprenons notre souffle et il pose une main sur mon torse nu.
– Attends. Qui va…
Je le regarde sans trop comprendre.
– Tu sais ?
Heu… non, je ne sais pas du tout.
– Tu es actif ? Ou…
Je lui caresse doucement les bras. Ses muscles roulent presque sous mes doigts.
– Je serai ce que tu veux. Pour toi, je peux être les deux.
Je vois mon petit ami sourire de nouveau.
– Alors je propose qu’on échange de temps en temps. Mais là, tout de suite, je veux que tu me prennes.
Cette phrase finit de me mettre en transe. Je le désire ardemment et je n’ai plus qu’un seul objectif, lui faire l’amour jusqu’à épuisement.
Je roule sur le côté pour attraper mon téléphone. J’ai plusieurs messages, dont un de Dunk et un de mon manager.
Dunk : « Ça va, l’étalon ? Appelle quand vous avez fini. » avec un émoji clin d’œil.
À cet instant, Pond sort de la salle de bain, se séchant les cheveux avec une serviette alors qu’une plus grande lui entoure la taille.
Je ne me lasserai jamais de cette vue. Son corps est incroyable, sculpté à la perfection et de la couleur parfaite. Je me redresse et m’assieds sur le bord du lit.
J’ouvre le message de mon manager : « Il faut qu’on parle. »
Aïe ! Ça ne dit rien de bon.
La tonalité ne retentit qu’une seule fois avant qu’il ne décroche.
– Joong, c’est quoi ce bordel ?
– Bonjour à toi aussi. De quoi tu parles ?
– Hier on me dit que tu ne participes pas à la fête de fin de tournage pour raison familiale et quand j’arrive chez toi, je te vois entrer avec Pond ? Il se passe quoi là exactement ?
Je regarde Pond.
– Quoi ? murmure-t-il.
– Il nous a vus, dis-je sans son et en articulant comme un idiot.
– Fait chier ! lâche-t-il.
Je propose à mon manager de nous rejoindre chez moi.
Quand il arrive, il entre d’un pas énervé.
– Phi !
Je n’ai pas le temps de prononcer un seul autre mot, il me met sa main sur le visage et passe sur le côté.
Quand il arrive au niveau de l’escalier, Pond descend en finissant d’enfiler son pull. Il s’arrête net. Il le pointe du doigt bouche bée. Son doigt passe de mon amant à moi plusieurs fois.
– Non ! C’est pire que ce que j’avais imaginé !
Sa mallette tombe au sol et il court s’asseoir dans un des fauteuils rose de mon salon.
– Phi, respire.
– Est-ce que ça fait longtemps ?
– C’est récent, dis-je en échangeant une œillade avec mon partenaire.
– Qui est au courant ?
– Seulement toi et les garçons.
– Dunk et Phuwin, donc, énumère-t-il pour lui-même plus que pour nous.
– Écoute, Phi…
– Non, c’est à moi de parler.
Pond me rejoint sur le canapé. Cette scène ressemble à celle de deux enfants réprimandés par leur parent.
– Déjà… ne rien dire à son manager pour ce genre de choses c’est du délire. Vous vous rendez compte de ce qui pourrait arriver ?
Puis il se tourne vers moi.
– Comment je suis sensé te protéger, Joong, si je ne sais pas de quoi je dois te protéger ?
– Désolé.
Aucun de nous trois ne parle. Pond et moi ne nous regardons pas, mais je sens sa main qui vient sur ma cuisse. Je la lui serre et entrelace mes doigts dans les siens.
– D’accord. Vous avez gagné. Vous êtes si beaux tous les deux que c’en est ridicule.
Je pouffe de rire en même temps qu’il se lève pour nous serrer dans ses bras.
– Je suis de votre côté, mes petits, mais je vais devoir parler à ton manager, Pond.
Mon amoureux hoche la tête.
Lorsque je rappelle Dunk, une heure plus tard, je lui raconte ma discussion avec Phi Sun. Il n’a pas l’air surpris d’apprendre que lui aussi nous soutient.
– Par contre, notre relation doit rester secrète pour le moment.
– Tu t’en doutais, Bro’. Surtout que nous allons commencer la promotion du BL. Les fans n’aiment pas la vérité, ils aiment penser que toi et moi faisons des bébés beaux comme moi et musclés comme toi, avoue-t-il.
– Hum…
– Bon, mais sinon, ça y est ? Vous avez consommé ?
– Dunk ! Je raccroche !
– Non, attends, attends…
Je remets le combiné à l’oreille.
– Quoi ?
– Dis-moi juste si c’était chaud !
– Bonne soirée, Dunk, dis-je en raccrochant.
Je lève les yeux au ciel et Pond sourit.
– Il est taré, mais je l’adore.
Mon petit ami m’embrasse et me ramène lentement vers la chambre.
5.
– Qu’est-ce que tu marmonnes dans ton coin ? lance Dunk.
– Je calcule.
– Le nombre de fans qu’il y a dans la salle ?
– Non. Je regarde à quelle heure partir d’ici pour arriver à la maison à l’heure pour fêter la nouvelle année avec Pond.
Mon meilleur ami se met à rire.
– Bro’, tu es tellement mordu, c’est dingue. Tu penses à autre chose dans la journée ? Est-ce qu’au moins il a remarqué que tu es devenu un canard ?
– La ferme, Dunk ! dis-je en lui lançant la mini bouteille d’eau à ma portée.
Il l’esquive sans effort et fait des bruits de bisous dégoûtants.
Le fan-meeting se passe à la perfection. La surprise des fans nous a vraiment touchés, Dunk et moi. Nous avons beaucoup parlé de Dare You to Death, la série qui est actuellement diffusée, mais aussi de la future que nous avons tournée.
Les fans cherchent à en apprendre plus sur les coulisses. Ils veulent des anecdotes rigolotes ou croustillantes. Le rire si particulier de mon binôme retentit dans mes oreilles à de nombreuses reprises, surtout lors des jeux auxquels nous jouons.
À la fin, nous nous dirigeons vers la salle VIP pour la séance de dédicace.
Dunk m’arrête en me serrant le bras. Il fixe son portable.
– Bro’, tu as vu les nouvelles ?
Au même moment, Phi Sun surgit et me donne mon téléphone avant de m’emmener à l’écart.
– Ne panique pas, d’accord ? Il va bien.
Je comprends la situation instantanément.
Partout sur les réseaux sociaux, on ne parle que de l’accident de voiture de Pond. Mon sang regagne mon cœur en un instant et je manque de faire un malaise.
Je compose son numéro et il me répond immédiatement.
– Je vais bien, ce n’était rien, dit-il sans les politesses d’usage.
Je souffle, je suis rassuré.
– Qu’est-ce qui s’est passé ? demandais-je.
– Un gars nous a coupé la route, notre chauffeur n’a rien pu faire et je n’étais pas attaché dans le van. J’ai une entorse du poignet. Mais plus de peur que de mal.
– Je voudrais être avec toi.
– Tu reviens ce soir, je vais survivre, bébé, lance-t-il d’une voix douce.
Quand je rejoins mon acolyte, il me regarde interrogatif. Je lui fais un signe pour dire que tout va bien. Il est rassuré lui aussi.
Les dédicaces s’enchaînent et les cadeaux pleuvent. Je récupère discrètement une paire de menottes avec de la fourrure qu’une fan m’a proposée. Puis, nous finissons par la photo de groupe VIP.
Lorsque tout le monde est parti, Dunk et moi nous séparons. Je monte dans ma voiture et lance mon GPS.
Au bout d’un quart d’heure de route, un message me parvient et j’active la lecture à voix haute.
“Je porte une attelle, tu devras m’aider avec tu sais quoi. Il me tarde de te voir et de te toucher. Bisous, bébé.”
Le rouge me monte aux joues. J’ai chaud comme jamais. Même le petit moi se tend. Je marmonne un “je vais t’aider, tu peux en être sûr”, avant de lui envoyer une réponse sous forme d’émoticône cœur.
Nous sommes le 31 décembre, les routes sont bondées. Sur le plan, le GPS m’annonce du retard. Je grogne. J’ai l’impression que le monde entier s’est ligué contre moi. Il ne veut pas que je rejoigne Pond.
Lorsque je me gare, il est déjà vingt et une heure. Je repère la lumière à l’intérieur. Quelle bonne idée d’avoir donné une clé à mon petit ami ! En poussant la porte, je suis surpris par le fumé qui chatouille mes narines. Il a cuisiné. Je souris malgré moi.
Je le trouve dans la cuisine, en train d’utiliser son seul bras valide.
Je l’enlace de dos et je renifle son cou avant d’y déposer une ligne de petits baisers.
– Je pourrais m’habituer à cette vie. Toi, qui m’attends à la maison, devant les fourneaux et dans cette tenue.
Il porte un short et un marcel qui laissent entrevoir les lignes de ses muscles sur ses épaules et ses jambes.
– Ne compte pas trop là-dessus, me répond-il.
Nous parlons de son accident et il m’explique que c’est Phi Moon, son manager, qui a été le plus blessé avec une fracture du coccyx. Je suis beaucoup plus rassuré sur son état depuis que je le vois de mes propres yeux.
Nous passons à table très vite. Son repas est délicieux.
– Je ne comprends pas que tu ne pèses pas trente kilos de plus avec ce talent pour la cuisine.
– Je me dépense beaucoup à la salle et durant les entraînements.
– En tout cas, je suis ravi que tes exploits culinaires soient pour moi ce soir. Merci beaucoup pour ce repas.
Il commence à débarrasser à une seule main. Je l’arrête sur le champ.
– Tu as cuisiné, je m’occupe de la vaisselle. Mais avant ça…
Je le prends dans mes bras et le soulève. Il en profite pour serrer ses jambes autour de ma taille quand je le pose sur la table. Je l’embrasse.
Ce baiser n’a rien de passionné. Il est doux. C’est comme une promesse. Je me sens tellement bien que je n’ai envie d’être nulle part ailleurs.
– Tu n’as pas trop mal ?
– Non, souffle-t-il.
– Alors je t’emmène là-haut.
Il me suit jusqu’à la chambre où je commence à lui enlever son marcel.
– Tu dois garder ce bandage ?
– Non, je dois l’enlever ce soir pour mettre l’orthèse.
Je m’improvise infirmier, à ses petits soins.
– Je vais te donner un bain, si tu le veux bien.
– J’adorerais ça, m’avoue-t-il.
Vers vingt-trois heure quarante-cinq, je lui propose de mettre nos vestes et de monter sur la terrasse à l’étage.
– Nous verrons mieux le feu d’artifice de Bangkok, précisais-je.
– Tu as pensé à tout.
– J’attendais cette soirée avec impatience. Je sais même quel sera mon vœu pour la nouvelle année.
– Tu vas me le dire ?
– Pas question ! Sinon il ne se réalisera pas.
En regagnant la terrasse, je récupère une bouteille de champagne et deux flûtes au passage. Je sers le nectar divin qui active de fines bulles.
Pond est adossé à la rambarde.
– J’aime la vue qu’on a d’ici, me confie-t-il.
– Moi aussi, j’aime ce que je vois. C’est à dire toi, sur ma terrasse, avec cette vue sur la ville. Ça aussi, je pourrais m’y habituer.
Je lui tends une flûte qu’il saisit instinctivement de sa main blessée. Il fait une grimace qu’il cache quasiment aussitôt derrière un sourire magnifique dont je suis le destinataire. Il est à tomber dans sa veste en jean noire.
Les drones dans le ciel s’illuminent pour le décompte.
10.
Je trinque avec Pond.
9.
Nous buvons une gorgée de champagne.
8.
Nous fixons l’horizon.
7.
Nos regards se croisent.
6.
Nous nous tournons l’un face à l’autre.
5.
Pond me sourit tendrement et mon cœur fond.
4.
Je pose nos flûtes sur la table.
3.
Ma main saisit sa main droite, posée sur la rambarde.
2.
Nos doigts s’enlacent.
1.
Nous collons nos fronts l’un contre l’autre.
– Bonne année, Joong, murmure-t-il.
– Bonne année, mon cœur. Fais un vœu.
Dans mon esprit, je dicte le seul vœu qui m’importe “Je veux passer une nouvelle année avec toi !”.
J’ouvre les yeux et Pond murmure quelque chose.
– Je t’aime.
Je souris comme un idiot en décollant mon front.
– Je t’aime aussi.
Je l’embrasse d’un baiser plein de promesse pour nous deux.
4 Comments
merci jai bien aimé ce petit couple
Avec grand plaisir ^^
Mouaaah, c’est trop choupinou, j’adore! 🫠💕🤭 Merci, Yoohee, de partager ton talent et ton imagination pour nous offrir cette fanfiction. Je la trouve très chouette, pleine de détails réalistes, de moments de complicité que l’on peut très bien imaginer, elle m’a fait rire et m’a donné des sourires idiots 🙈 J’ai l’impression d’avoir regardé une mini-série dans ma tête et c’était extrêmement agréable! Au début, j’ai dû créer un nouveau tableau vierge dans mon cerveau pour parvenir à associer nos chers protagonistes mais ça s’est rapidement mis en place pour mon plus grand bonheur!😅 J’espère que tu vas continuer dans cette voie car je trouve que tu écris très bien, que le récit se tient, qu’il y a des touches d’humour, de romance et coquines, c’est trop bien! Bravo! 👏👏🩷
Hello Louve !
(●’◡’●)
Un grand merci pour ton message qui me touche énormément.
Mon but était effectivement de caser des petits moments drôles, alors, je suis ravie de t’avoir fait sourire ! (Sacré Dunk !!)
Pour le couple, j’avoue avoir fait un choix audacieux et peu conventionnel, je voulais qu’il sorte de l’ordinaire. Du coup, je comprends que ça a été dur de les imaginer ensemble au début ^^
En tout cas, tes encouragement me vont droit au cœur ❤
Je pense renouveler l’expérience sur le blog, car j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cette histoire. Alors, pourquoi ne pas recommencer ^^
A très bientôt !