« Entre les lignes » de Victoria Lace
La traduction de Pit Babe2 m’a donné envie de me plonger dans une histoire d’omégaverses. Par un heureux hasard, le dernier livre de Victoria Lace traitait justement de ce sujet. Ayant déjà lu et apprécié un certain nombre de ses romans, je n’ai pas hésité bien longtemps avant de me lancer.
Avec une plume incisive, pleine d’humour et beaucoup d’originalité, l’auteure aborde ici un grand nombre de sujets qui questionnent et sont complètement d’actualité.
Nous faisons la rencontre d’Alec et de Max, des meilleurs amis qui se connaissent depuis la fac. Ils sont tous deux journalistes et travaillent ensemble à New York. Alec est un oméga qui refuse d’être soumis à son statut, de n’être qu’un ventre privé de liberté. Max est un alpha qui ne veut plus se lier à un oméga, suite à un drame vécu plus jeune.
Lisa, leur rédactrice en chef, leur commande un reportage sur les trad-omégas, ces omégas qui prônent des valeurs traditionnelles, la vie au foyer pour élever les enfants et la soumission à leurs alphas sur les réseaux sociaux. Difficile pour Alec de rester objectif, tant le sujet le touche de près. Heureusement, Max est là pour le tempérer et garantir un article en toute impartialité. Cette coopération va renforcer leurs liens, de façon involontaire d’abord, pour finalement les faire évoluer vers autre chose que l’amitié.
Encore une histoire de « friends to lovers » me direz-vous… Oui… et non.
Ce roman est bien plus que cela. Victoria Lace a le mérite de présenter une histoire d’omégaverses crédible, où toutes les questions que les lecteurs se posent trouvent des réponses. On apprend l’origine des alphas, des omégas, des bêtas et la place qu’ils occupent dans le monde des humains. On découvre comment les omégas se sont battus pour leur liberté et leur droit à disposer de leur corps. Impossible de ne pas y voir un lien avec l’actualité, avec le droit de tous à la liberté d’être, d’aimer et de choisir, avec la remise en question de l’accès à la contraception, à l’IVG…
Mais l’auteure ne tombe pas dans la facilité en opposant simplement traditionalisme et modernité, extrémisme et révolution, et c’est là, à mon avis, toute la réussite de ce roman. Pendant leur reportage sur les trad-omégas, au gré de leurs rencontres, Max et Alec vont se rendre compte que les choses ne sont pas aussi simples et verront leur point de vue évoluer, se nuancer. Entre le rejet total d’un mode de vie, l’incompréhension face aux idées de l’autre, il y a aussi le respect et l’ouverture d’esprit.
Victoria Lace signe ici un roman moderne et réaliste, ancré dans l’actualité. Elle nous offre une romance omégaverse originale, qui change de tout ce que j’avais lu avant, et nous dresse le portrait d’un alpha et d’un oméga complètement atypiques. Alec et Max m’ont beaucoup touchée. Ils luttent contre leur nature, refusant d’être les esclaves de ce qu’ils sont. Et quand finalement cette nature se rappelle à eux, ils ont assez confiance l’un en l’autre pour se laisser aller. Leurs caractères, leurs vécus sont très différents, mais ils se complètent parfaitement. Une romance lente, qui sonne pourtant comme une évidence.
Extrait du roman « Entre les lignes » de Victoria Lace.
Les vidéos se sont enchaînées. Mick a fini par partager son style de vie, en en faisant la promotion.
— Vous ne portiez pas de collier, au début, fais-je remarquer.
Je suis fier de moi, j’ai réussi à garder ma voix posée et neutre.
— Je ne le portais pas devant la caméra, corrige Mick. Jack m’a offert ce collier lors de notre mariage. Nous en avions parlé avant. Je voulais lui appartenir totalement. Je voulais porter un symbole de notre amour.
Et voilà, ça part en sucette. Pour moi, c’est un symbole d’esclavage, et je pèse mes mots. Disons un symbole d’aliénation. Personne n’appartient à personne, dans une relation saine.
— Vous portez aussi une alliance, fait remarquer Max dont la main se pose brièvement sur ma cuisse.
— L’alliance, c’est notre mariage, le collier, c’est notre amour, explique Mick. Je ne sais pas comment vous expliquer. Je n’avais jamais pensé à en porter un. Mais j’ai compris que ce collier représentait ma liberté. J’appartiens à mon alpha, et il m’appartient. Nous sommes un couple pour la vie. Je veux que tout le monde le sache. Une alliance, n’importe qui peut en porter une. Le collier, c’est notre culture.
— Mais il est aussi le symbole de votre soumission à votre alpha, non ? demandé-je d’un ton encore si neutre que je me félicite à nouveau.
— Soumission ? Non, rétorque Mick. Je parlerais plutôt de partenariat. Je suis un oméga, c’est ma nature biologique, et je l’ai trop longtemps refusée dans ma vie. À présent, je l’accepte et je me réjouis d’être un oméga. Je porte ce collier pour le montrer.
8 Comments
Bonjour Viranne,
J’espère que tu vas bien? Je n’ai pas eu le temps d’écrire Samedi, mais je voulais te dire que j’ai fini ce roman et vraiment un grand MERCI pour cette recommandation. J’ai beaucoup, beaucoup aimé. Je ne lis pas trop de livres sur cet univers, mais ce livre m’a donné envie d’en apprendre plus. Est-ce que tu aurais d’autres recommandations avec l’univers, alpha, oméga, bêta?
Bonne journée et bonne semaine👋👋
Bonjour Framboise,
Je suis très heureuse si tu as aimé ce livre.
Il est difficile (pour moi) de trouver des romans omégaverses qui aient une véritable histoire, sans tomber dans le « too much ». Je peux te conseiller les très bons « Oméga en fuite », 2 tomes de Camille jedel, « Broken Bonds » et « Un lien de fer et de feu » de Charly Reinhardt, « Crimson Desire » de Maïwenn E. Rean. Des romans très différents les uns des autres, je pense que tu pourrais trouver ton bonheur.
Merci pour ta confiance et ton retour, Framboise, je te souhaite une bonne fin de semaine.
Bises
Coucou Viranne ^^
Merci pour cette nouvelle suggestion ^^
Je ne suis pas du tout fan du style omégaverse, moi et le surnaturel… c’est pas l’amour fou…
Mais je pense que pour les fans du style ce roman doit avoir tout pour plaire.
En tout cas, l’extrait que tu en donnes montre assez bien les qualités de l’auteur, car les questions posées sont tout aussi « percutantes » et « marquantes » que les réponses.
Bravo en tout cas, pour nous faire si bien partager ta passion.
Je te souhaite une belle semaine.
Prends soin de toi,
À bientôt,
Bisous.
Coucou G,
Merci pour ton gentil message !
C’est vrai qu’il est difficile d’entrer dans l’univers très particulier de l’omégaverse, et encore plus si on n’aime pas le surnaturel. Mais si on est curieux et qu’on veut le découvrir en douceur, cette première lecture aborde le thème avec une bonne dose de réalisme, ce qui peut plaire à tous.
La relation Alpha-Oméga est vue le plus souvent comme un rapport de soumission, dominant-dominé, avec un rôle spécifique dévolu à chacun. Mais comme tu l’as si bien remarqué, l’auteure ne tombe pas dans le piège facile du « c’est bien » ou « c’est mal ». Défendre ses idées et ses droits n’est pas contradictoire avec le respect des choix de l’autre.
Merci de venir mettre ton grain de sel dans chacune de mes chroniques, je te dis à bientôt.
Bonne fin de semaine et bon week-end à l’avance.
Bises
Coucou Viranne! Je rejoins un peu Mitchiko! Je ne connais pas ce titre non plus!
Je te remercie pour cette découverte !
Je me note bien évidemment le titre!
Je ne connaissais pas vraiment tout ce qui était Omegaverse avant ! Mais depuis peu on en entend beaucoup parler !
Oui, Pit Babe en tout premier lieu même si réalisateurs et scénaristes n’ont pas osé !
Perso j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé les deux saisons !
Je te rejoins il manque juste quelques bouts en plus qui m’auraient comblé ! Mais rien de bien grave !
Je te remercie au passage pour ta traduction en binôme avec Merze!
Et en ce moment je pense que tu le sais Abo Desire, le toute nouvelle série chinoise toujours en cous à l’heure actuelle, ne fait que confirmer mon adoration pour le style Omegaverse !
Donc merci beaucoup pour ce roman que tu nous proposes !
Très bon week-end à toi ! Bisous 🥰
Bonjour Virgile9,
Merci d’être venue faire un tour dans « Les lectures » et pour ton petit mot.
Une autre adepte de Pit Babe ? Je ne peux qu’être d’accord avec toi. C’est vrai que l’univers omégaverse est à peine effleuré, mais ce BL a quand même ouvert la voie à ce genre méconnu.
Et ABO Desire ose se lancer dans un vrai omégaverse. J’adore traduire cette série parce qu’elle assume ce genre atypique, qui heurte sûrement certaines sensibilités : c’est un univers de dominants et de dominés, de prédateurs et de proies, avec des hommes qui peuvent tomber enceints.
J’avais donc envie de proposer un roman permettant de découvrir cet univers tout en douceur. J’espère qu’il te plaira si tu as l’occasion de le lire et que tu reviendras nous donner ton avis.
Je te souhaite une très bonne semaine, bises.
Coucou Viranne, merci pour cette nouvelle recommandation roman ^^ je connais l’autrice Victoria Lace de nom, je sais qu’elle a écrit plusieurs séries, notamment Reyes et Knight, dont j’ai eu de bons échos 🙂 concernant « Entre les lignes », il m’était inconnu. J’avoue que l’omegaverse n’est pas forcément mon genre de prédilection, après, celui-ci a l’air un peu différent des lectures que j’ai pu avoir dans cet univers – et vu j’ai eu quelques bonnes surprises dernièrement (tu parlais de Pit Babe 2, que j’ai adoré ^^), je prends note de ce titre. Je reconnais que découvrir l’histoire derrière les omégas, alphas… semble intéressant. ^^ Bon week-end à toi et bonne semaine d’avance. À bientôt. Bises
Coucou Mitchiko,
Victoria Lace est effectivement assez connue dans le petit monde M/M. J’ai lu sa série « Reyes et Knight » que j’ai bien aimé. Alors je t’avoue qu’il est, pour moi, compliqué de trouver de bons romans omégaverses, mais ici, l’auteure traite ce sujet d’une façon originale et moderne qui peut plaire au plus grand nombre.
Alors tu as adoré Pit Babe 2 ? Moi aussi ! J’ai beaucoup aimé le traduire avec Merze. Seule la fin m’a un peu déçue, des questions demeurent sans réponse et il y a quelques incohérences. Je trouve que ça va trop vite. Mais c’est aussi parce que j’aurais aimé quelques épisodes de plus !
Merci pour ton passage dans « Les lectures », je te souhaite une bonne semaine.
Bises