Une petite chose

« Une petite chose » Piper Vaughn et M. J. O’Shea

Traduit de l’anglais par Terry Milien

 

Deux hommes et un bébé, comment ne pas craquer ?

« Une petite chose », c’est l’histoire d’une naissance. Non ! Laissez-moi rectifier : de deux naissances. Celle d’une magnifique petite fille, Alice, ainsi que d’une étonnante histoire d’amour entre deux hommes qui n’étaient pas destinés à se rencontrer.

Rue est l’un de ces personnages dont on tombe instantanément amoureux. Solaire, drôle, courageux et déterminé, bien dans sa peau de jeune gay extraverti, il s’assume seul depuis ses seize ans. Barman la nuit, étudiant en coiffure le jour, il s’est bâti un petit nid douillet et se construit un avenir.

Une soirée trop arrosée, une expérience hétéro vite regrettée, et trois mois plus tard, une annonce qui va bouleverser sa vie. Va-t-il garder ce bébé ou le donner à l’adoption ? Sa décision est immédiate, il n’abandonnera pas son enfant. Commence alors une nouvelle vie pour Rue, qui se découvre de nouvelles responsabilités, doit apprendre à être père, à gérer de front ses études, son boulot et sa toute petite fille. Il peut compter sur son meilleur ami, Dusty, à l’optimisme à toute épreuve.

Erik souffre de graves troubles de l’anxiété. Il supporte mal le changement, déteste qu’on le touche, a besoin de ses repères, calme son stress en regardant en boucle la trilogie originale de « La guerre des étoiles » (Il a beaucoup de goût, je trouve !). Il évite toute interaction sociale.

Son métier d’écrivain de science-fiction lui convient parfaitement ; il peut vivre en reclus chez lui, sans voir personne. Seulement, voilà, la fantasy ne fait plus vendre et la pile de factures à payer ne cesse de grimper. Alors, quand Rue lui propose de garder Alice, il finit par accepter.

Et c’est ainsi que deux jeunes hommes aux personnalités si différentes vont peu à peu apprendre à se connaître et à s’apprécier. La petite Alice est le fil rouge de leur histoire, et vous verrez, vous allez, vous aussi, craquer pour ce joli bébé. Elle est le lien qui va les réunir, les faire grandir, changer… et former une famille.

Piper Vaughn et M. J. O’Shea signent là une très belle romance, à la traduction fluide. Je regrette juste les quelques coquilles et erreurs d’orthographe qui m’ont, parfois, piqué les yeux. Je précise que je possède la première édition de ce livre, qui date de 2014, mais qui a été réédité en 2024 et a peut-être été corrigé à cette occasion. La couverture est d’ailleurs celle de la première édition, je la trouve très belle. Mais il serait dommage de passer à côté de ce livre qui aborde des thèmes très intéressants : la paternité, la découverte de sa sexualité, les troubles psychologiques, les violences domestiques. Le ton est juste, souvent très drôle, imagé et touchant. J’ai beaucoup aimé plonger à tour de rôle dans les pensées de Rue et d’Erik, ce qui permet de mieux comprendre leurs sentiments et les émotions qui les animent. Un roman doux comme un chocolat, avec une petite pointe de sel pour relever le tout.

 

Extraits du roman « Une petite chose » Piper Vaughn et M. J. O’Shea

 

Les premières impressions d’Erik sur Rue.

Un garçon se tenait dans le hall… enfin, un homme, certes, mais il avait l’air si jeune. Peut-être tout juste la vingtaine, si je devais m’avancer. Ses cheveux noirs et brillants retombaient d’un côté de son visage, cachant partiellement son œil. De ce que je pouvais en voir, sans compter le deuxième, ses yeux étaient verts. Mais ce n’était pas leur couleur qui me faisait le dévisager. C’était le trait d’eyeliner noir soigneusement appliqué… et la pâleur crémeuse de sa peau, comme de la porcelaine… et sa lèvre inférieure, percée en deux endroits à un centimètre et demi du centre par deux de ces anneaux avec les petites boules.
J’absorbai tous ces détails, tellement désorienté que je n’arrivais pas à dire un mot. Et ça, c’était avant que je ne remarque ses vêtements. Il portait un tee-shirt moulant noir et un de ces pantalons pour filles qui s’arrêtent à mi-mollet. Il descendait très bas sur ses hanches et était agrémenté d’une ceinture cloutée rose… assortie aux tongs qu’il portait à ses petits pieds parfaits. Je baissai la tête pour fixer ses orteils : les ongles étaient vernis en noir avec des accents roses… jusqu’à ce qu’il se racle la gorge, le bruit ramenant mon regard vers son visage.

[…]
Je n’arrivais pas à détourner les yeux du paquet rose qu’il portait. Le bébé s’était calmé quand il l’avait pris dans ses bras, mais l’expression sur son visage ne pouvait qu’être qualifiée de mécontentement. Je m’écartai lentement d’elle, m’enfonçant un peu plus dans mon fauteuil. Être en présence de bébés m’avait toujours déconcerté, même quand j’étais gosse. Ils étaient bruyants. Puants. Bizarres. J’essayai de retenir un frisson. Ce n’était pas tant qu’ils me faisaient peur, pas vraiment, mais je devais admettre qu’ils m’apportaient un certain degré… d’anxiété.

Les premières impressions de Rue sur Erik.

Il n’a pas l’air d’avoir tous ses légumes dans le même panier…
J’étais planté là, Alice à bout de bras, face au voisin dont les yeux ronds telles des soucoupes me dévisageaient activement comme si j’étais une sorte de forme de vie extra-terrestre légèrement intrigante. Je me dis que je devais moi-même être cinglé pour avoir ne fut-ce que pensé à demander ce que j’étais sur le point de demander, mais voyez-vous, j’étais arrivé au bout d’une très, très longue liste de possibilités, et le barjo dans son tee-shirt Yoda aurait tout aussi bien pu être mon dernier espoir.

[…]

Il cligna des yeux, surpris, et je remarquai à quel point ils étaient grands et bruns et surmontés de jolis cils recourbés, même si le tout était recouvert d’une tignasse négligée de mèches brunes et bouclées.
[…]
Il me semblait assez inoffensif – vachement tendu, mais inoffensif – aussi acquiesçai-je et le suivis-je dans ce qui se révéla être l’appartement le plus étrange et le plus minutieusement rangé que j’eusse jamais vu. Je n’aurais pas été surpris de trouver des bouts de papier collant sous les divans et les chaises qui lui auraient permis de savoir s’ils avaient bougé d’un centimètre dans la mauvaise direction.

8 Comments

  • Framboise91

    Framboise91

  • Anonyme

    Désolée, j’ai envoyé le message sans me relire et je viens de voir les fautes… j’ai pas pu modifier….

  • Frambois91

    Bonjour Virane,
    Coment vas-tu? Je reviens sur cette publication car je viens de finir ce livre. Merci pour la recommandation, c’était vraiment un livre qui se lit très facilement, on se laisse emporter par l’histoire (même si j’ai un peu bugué quand il fait garder sa fille par le voisin qu’il connait très peu.
    J’ai fait de grandes commandes de livres ce moi-ci, et je les recevrai qu’en Juin et Juillet 2026…..
    J’ai commandé Guardian tome 1 et 2, Bad Buddy et A tale of Thousand Stars en version collector, j’ai trop hâte de les recevoir…..
    Je vais continuer mes lectures.
    Bon week end

    • Viranne

      Coucou Framboise,

      Merci pour ton retour ! Je suis ravie si tu as passé un bon moment avec ce livre.
      Que de commandes ! Je sais à quel point ces éditions sont chères. Tu as raison de te faire plaisir. Et puis, ce sont de beaux cadeaux de Noël, non ?

      Bonne semaine, Framboise.

      Bises

  • LittleSophie

    Bonjour Viranne.
    Sans avoir lu ton avis je me suis lancée dans la lecture de ce roman et j’ai bien aimé l’histoire du papa solo qui es désespérer au point d’aller frapper chez ses voisins, et cette histoire d’amour qui nait au fil des pages. Je l’ai trouver sur kindle hier et lu d’une seule traite dans la foulée.
    Merci pour tes conseils lecture.
    Bon dimanche.

    • Viranne

      Bonjour LittleSophie,

      Eh bien, tu as choisi ce livre rien qu’à la couverture ? Elle m’avait fait craquer moi aussi.
      Je suis heureuse de voir que tu as apprécié ce roman, et je te remercie d’avoir pris le temps de laisser un petit commentaire dans cette rubrique. N’hésite pas à revenir, et à partager tes coups de cœurs, ça me fait toujours plaisir.

      Je te souhaite une belle semaine, bonnes lectures.
      bises

  • Mitchiko

    Coucou Viranne ^^ merci pour ce nouvel avis littéraire. Je ne connais pas cette oeuvre, ni ces autrices, il me semble, mais quand j’ai ouvert la page de ta chronique, j’ai tout de suite été attirée par la couverture, je la trouve très mignonne, ainsi que le titre de l’oeuvre.
    Sinon, l’histoire m’a l’air intéressante aussi. J’apprécie les romans avec des single dads, ou qui mettent en scène des familles qui se construisent. Donc pourquoi pas l’ajouter à ma liste et essayer d’en découvrir un peu plus sur ces autrices également. Voilà pour moi. Passe un bon week-end et une agréable semaine aussi. A bientôt. Bises

    • Viranne

      Bonjour Mitchiko,

      J’avais craqué pour cette couverture à l’époque et je ne l’avais pas regretté. Une belle surprise, tant du point de vue de la qualité de l’histoire et des thèmes abordés, que de la tonalité enjouée des plumes des deux auteures. Les personnages ont une vraie personnalité et on s’attache facilement à eux. Une lecture agréable, parsemée de moments drôles, qui aborde à la fois des sujets sérieux et plus légers.

      Merci, Mitchiko, de toujours venir lire les chroniques des Lectures et d’écrire un petit commentaire. Ça fait chaud au cœur.
      Très bonne semaine, remplie de bons BL et de lectures sympas.

      Bises

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