« Nao » de Vanessa Degardin
Et si le plus dangereux des combats n’était pas celui qu’on mène contre ses ennemis, mais contre soi-même ?
Dans Nao, Vanessa Degardin nous ouvre les portes d’un univers où l’honneur se paie au prix du bonheur.
Nao est un yakuza, un homme façonné par les règles, les traditions et une loyauté sans faille envers son clan. Il n’a jamais laissé ses émotions prendre le dessus. Dans son monde, la faiblesse n’existe pas, et encore moins les sentiments qu’il refuse depuis toujours. On ne tolère ni le changement, ni la différence.
Pourtant, Nao porte un secret qu’il refuse d’accepter. Une vérité qu’il juge impensable. Une part de lui-même qu’il voit comme une transgression et qu’il s’efforce de nier depuis des années. Alors il a construit des murs pour s’en protéger. Épais. Solides. Infranchissables.
Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Jusqu’à ce que Curtis apparaisse dans sa vie.
Curtis, qui va ébranler toutes ses certitudes.
Curtis, capable de lire ce qui se cache derrière les tatouages et les silences.
Curtis, qui ne voit pas le yakusa, mais l’homme.
Solaire, extraverti, bienveillant, Curtis possède une joie de vivre et une spontanéité qui contrastent avec la froideur et la méfiance de Nao. Il est doté d’une grande sensibilité et perçoit très vite que le yakusa est un homme malheureux, enfermé dans ses propres barrières, qui refuse de s’accepter.
Doté d’une patience à toute épreuve, Curtis ne cherche ni à changer Nao ni à le sauver. Il lui offre simplement ce qu’il n’a peut-être jamais connu : un regard sans jugement et la liberté d’être lui-même.
C’est la rencontre de deux univers opposés : l’ombre et la lumière, la rigidité et la liberté, la peur et l’espoir.
Ne vous y trompez pas : Nao n’est pas un roman sur les yakuzas. Cet univers n’est qu’un décor, aussi fascinant soit-il. Les tatouages, les clans et les codes d’honneur servent de toile de fond à une histoire bien plus universelle : celle d’un homme qui apprend à faire la paix avec ce qu’il est et à s’autoriser enfin à être lui-même.
Avec une écriture empreinte de douceur et de sincérité, Vanessa Degardin nous raconte le chemin douloureux, mais nécessaire, vers l’acceptation de soi. Elle aborde avec justesse les thèmes de l’identité, de la peur, du rejet et du courage qu’il faut pour se révéler tel que l’on est. Sa plume fait naître des personnages d’une grande authenticité : Nao, prisonnier de ses peurs et des attentes des autres, Curtis, qui rêve de le libérer de ses chaînes.
Comment vous dire à quel point j’ai admiré le courage de Nao ? Enfermé dans un déni si profond que je me suis même demandée, à un moment, s’il allait réussir à briser ses entraves. Il en faut du cran pour remettre en question tout ce qui nous a été inculqué, ce qui a façonné notre vie, pour oser regarder en face une vérité que l’on a toujours refusé de voir. Nao lutte, tombe, se relève, vacille à nouveau avant de trouver la force de lutter encore et encore. Et comment ne pas aimer Curtis ? Un homme compréhensif et patient, à l’écoute, qui ne juge pas.
Dans ce roman, il n’est pas seulement question d’amour, mais aussi de liberté. Celle d’être soi, enfin. Nao et Curtis ont trouvé une place particulière dans mon cœur. Une histoire touchante, que je vous invite à découvrir à votre tour.
Extrait de « Nao » de Vannessa Degardin.
Je suis figé et je ne sais pas quoi faire, pas quoi dire. Son grand corps contre le mien est tellement puissant, tellement chaud que merde, je me sens déconcerté. Je devrais m’éloigner, mais une incompréhensible excitation me prend par surprise.
Je déglutis. Putain, qu’est-ce ce qui m’arrive ?
Il ne me quitte pas de ses yeux bleus perçants. Ses mains sont sagement placées sur mes hanches. Je me demande si j’ai envie qu’il m’attire encore plus à lui ou s’il doit me repousser. J’avale difficilement ma salive en sentant mon sexe durcir contre le haut de sa cuisse. C’est si rare que je suis totalement abasourdi. Je ne devrais pas vouloir sa bouche sur la mienne et pourtant.
— Permets-moi être ton premier, Nao. Tu as juste à éprouver, ferme les yeux et laisse-toi aller, juste une minute et tu sauras enfin qui tu es…
Quand il me demande d’être mon premier, je suis au bord de l’explosion. Surtout alors qu’il se décale et ondule lentement contre moi, frottant son membre raide contre le mien. J’inspire en essayant de refouler mes pulsions malsaines.
Il me scrute, sans sourire, mais avec intensité, comme s’il tentait de lire en moi, de déterrer mes plus profonds secrets.
Mon cœur bat si fort dans mes tempes que je n’entends plus rien.
Il n’y a que lui.
Lui, ses iris aussi bleus que l’océan, sa bouche qui s’ouvre pour… pour quoi d’ailleurs ?
Pour parler ?
Pour m’embrasser ?
Dans les deux cas, je m’arrache à lui, le repouss ant brutalement de mes paumes plaquées sur ses pectoraux.
Non, non, non. Je dois mettre de la distance entre nous ! C’est mal, bordel.
Tellement mal !
Il souffle, se cognant dans le mur, derrière lui. Je tends un doigt menaçant dans sa direction.
— Je sais déjà qui je suis. Ne t’approche pas de moi ou je te le ferai payer.
1 Comment
Coucou Viranne 🙂 merci pour petite cette chronique livresque. J’aime beaucoup les histoires avec des gangsters, des yakuzas, ce n’est pas si facile à trouver, en MM non plus, et ce roman-ci me tente beaucoup, le personnage principal a l’air très intéressant. Ce titre est d’ailleurs depuis un moment dans ma PAL, il faut que je le sorte, ton avis m’a donné d’autant plus envie d’en savoir plus… Bon week-end et belle semaine. À très vite 🙂 bises